Revêtements antifriction MOLYKOTE® : quand choisir une lubrification sèche dans le ferroviaire ?
Dans le ferroviaire, certaines zones de frottement se prêtent mal à une lubrification grasse (utilisation d’une graisse ou d’une pâte) : mouvements lents ou oscillants, forte charge, Dans ces situations, un revêtement antifriction peut apporter une lubrification sèche durable, à condition que le substrat et le process d’application soient adaptés.
Samaro accompagne les industriels ferroviaires dans le choix des solutions MOLYKOTE® les plus adaptées à chaque application. Parmi elles, les revêtements antifriction, aussi appelés AFC (Anti-Friction Coatings) forment après polymérisation un film sec adhérent contenant des lubrifiants solides.
Trois références sont particulièrement utiles pour illustrer cette technologie dans le ferroviaire : la MOLYKOTE® D-321 R, la MOLYKOTE® D-7409 et la MOLYKOTE® 3400A Lead Free. Elles répondent à des usages et à des contraintes de mise en œuvre différents.
À retenir
- Un revêtements antifriction est à étudier lorsque l’on recherche un film sec, peu sensible à la poussière et durable sur des contacts à faible vitesse, en oscillation ou sous forte charge.
- La MOLYKOTE® D-321 R se distingue par une polymérisation à température ambiante et convient notamment aux applications où une cuisson est difficile.
- La MOLYKOTE® D-7409 vise des contacts métal/métal fortement sollicités, avec une bonne résistance à l’usure, au fretting et à différents contaminants.
- La MOLYKOTE® 3400A Lead Free associe lubrification sèche, forte adhérence au métal et protection anticorrosion.
- Le choix ne se limite pas à la température : préparation de surface, géométrie, mode de mouvement, environnement et cycle de polymérisation conditionnent le résultat.
D-321 R, D-7409 ou 3400A Lead Free : quelle référence étudier ?
| Référence | Quand l’étudier en priorité ? | Avantage différenciant | Usages ferroviaires clés |
| MOLYKOTE® D-321 R | Pièce difficile à cuire ; mouvement lent ou oscillant ; problématique de stick-slip. | Polymérisation à température ambiante ; plage -180 à +450 °C ; disponible aussi en aérosol. | Assemblage de disques de frein, boulons de joints de voie, axes d’attelage ; charnières et glissières à fortes charges dans le guide Samaro utilisé en contexte SNCF. |
| MOLYKOTE® D-7409 | Contact métal/métal fortement sollicité pouvant être polymérisé à chaud. | Forte capacité de charge ; résistance à l’usure, au fretting, aux huiles, graisses et solvants ; -70 à +300 °C. | Galets de rail ; cylindre hydraulique d’abaissement de wagon dans le guide Samaro utilisé en contexte SNCF. |
| MOLYKOTE® 3400A Lead Free | Besoin de lubrification sèche associé à une forte adhérence métal et à la protection anticorrosion. | Grande capacité de charge, faible frottement, protection anticorrosion; -200 à +430 °C. | Joints de rail, éclisses, galets de rail ; visserie de systèmes de commande et de freinage dans le guide Samaro utilisé en contexte SNCF. |
Quand préférer un RAF à une graisse ou à une pâte ?
Le RAF n’est pas une alternative systématique à une graisse ou à une pâte. Il devient particulièrement pertinent lorsque le lubrifiant doit rester sous forme de film sec et ne pas migrer. Dans un environnement poussiéreux, cela limite également l’adhérence de contaminants sur la zone lubrifiée.
Les mouvements lents, courts ou oscillants constituent un autre cas typique. Lorsque le régime de fonctionnement ne permet pas de maintenir un film lubrifiant fluide stable, les lubrifiants solides du RAF restent fixés au substrat et contribuent à séparer les surfaces.
Enfin, un RAF peut être appliqué avant montage dans un environnement contrôlé. Pour certaines pièces ferroviaires difficiles d’accès en exploitation, cette pré-lubrification peut réduire les opérations de graissage sur le terrain.
La différence entre les trois RAF se joue aussi dans le process
D-321 R : éviter la cuisson lorsque le process l’impose
La MOLYKOTE® D-321 R polymérise à température ambiante. C’est son principal avantage de mise en œuvre dans cette sélection. Elle devient intéressante lorsqu’une étuve n’est pas disponible, lorsque la pièce assemblée supporte mal une cuisson ou lorsqu’une intervention de maintenance impose un process plus simple. Son comportement sur les mouvements oscillants et le stick-slip complète ce positionnement.
D-7409 : privilégier la résistance sur des contacts fortement sollicités
La MOLYKOTE® D-7409 nécessite une polymérisation à chaud, typiquement 30 minutes à 220 °C. En contrepartie, elle offre un profil adapté aux contacts métal/métal fortement chargés et soumis à l’usure ou au fretting, avec une résistance aux huiles, graisses, solvants et à de nombreux produits chimiques. Elle est donc davantage orientée vers des pièces pouvant être traitées dans un process industriel maîtrisé.
3400A Lead Free : associer lubrification sèche et protection anticorrosion
La MOLYKOTE® 3400A Lead Free est également thermodurcissable, avec une polymérisation type de 30 minutes à 200 °C. Elle est à étudier lorsque le besoin de lubrification sèche s’accompagne d’une forte adhérence au métal et d’un besoin de protection contre la corrosion, notamment sur des assemblages de voie ou des galets.
Préparation de surface : une étape déterminante pour la durée de vie du RAF
Un RAF fonctionne comme un système revêtement-substrat. Dégraissage, sablage, phosphatation ou autre prétraitement peuvent donc avoir autant d’influence sur le résultat que la référence choisie. Une surface mal préparée peut limiter l’adhérence du film et réduire sa durée de service.
La qualification doit couvrir la chaîne complète : matériau du composant, état de surface, préparation, méthode de dépose, épaisseur, polymérisation et conditions de service. C’est particulièrement important pour la D-7409 et la 3400A Lead Free, dont les cycles de cuisson doivent être compatibles avec la pièce et le process de production.
Applications ferroviaires : partir de la fonction, pas seulement du produit
La brochure ferroviaire MOLYKOTE® et le guide Samaro utilisé dans le contexte SNCF permettent de relier ces RAF (revêtements antifriction) à des organes concrets : freinage, voie, attelage, galets, glissières ou systèmes de commande. Ces exemples sont utiles pour orienter une présélection, mais l’application réelle reste déterminante.
Pour replacer ces besoins dans l’ensemble du train et du réseau ferré, la page marché Ferroviaire Samaro regroupe les différentes applications et familles de solutions proposées en première monte et en maintenance.
Lorsque le cahier des charges exige une symbolisation ou une homologation SNCF précise, le statut documentaire doit être vérifié pour la référence et l’usage concernés. Les applications répertoriées dans un guide ne doivent pas être assimilées automatiquement à une homologation générale.
Quand un RAF n’est-il pas le bon choix ?
Si un roulement doit être alimenté en continu par une graisse, si la pièce ne peut pas être correctement nettoyée ou polymérisée, ou si l’application nécessite une relubrification régulière, un RAF n’est pas automatiquement la technologie la plus adaptée. Dans ces cas, une graisse, une pâte ou une autre solution de lubrification MOLYKOTE® peut être plus pertinente.
RAF MOLYKOTE® dans le ferroviaire
Conclusion: choisir le RAF avec la pièce et son process
Dans le ferroviaire, les RAF apportent une réponse spécifique lorsque l’on recherche une lubrification sèche, durable et peu sensible aux contaminants. La MOLYKOTE® D-321 R privilégie la simplicité de mise en œuvre sans cuisson, la D-7409 les contacts fortement sollicités et la 3400A Lead Free l’association entre lubrification sèche et protection anticorrosion.
La sélection finale doit cependant intégrer la préparation du substrat, le mode de mouvement, la charge, l’environnement et le cycle de polymérisation. Samaro peut accompagner cette qualification avec les équipes MOLYKOTE® afin d’orienter les essais vers la solution la plus cohérente avec l’application.